SERVITEURS DE SATAN

Publié le par GOTHIC

SERVITEURS DE SATAN

La renaissance de la sorcellerie n'a pas encore eu le temps de modifier son image populaire . La plupart des gens voient une sorcière sous les traits de l'ogresse des contres de Grimm ou de mauvaise fée à bec d'oiseau et chapeau pointu à cheval sur un balai , ou encore des sorcières de Macbeth . Elle jette le mauvais sort , fait bouillir des débris hideux dans un chaudron et danse au clair de lune sur le sommet des montagnes . Cette image stéréotypée est un mélange de réalité et d'imagination . Première erreur à corriger , les adeptes de la sorcellerie n'étaient pas toujours des femmes , pas toujours laides , ni vieilles , ni biscornues . Il y eut certes toujours plus de sorcières que de sorciers , mais au plus fort des persécutions des premières décennies du XVII° siècle un grand nombre d'hommes furent brûlés sur le bûcher .

On condamna également des enfants de huit ans . Et même avant la grande chasse aux sorcières , on trouve des archives des cas concernant des hommes . Un des premiers accusés de sorcellerie fut un français . Cela se passait en 1436 dans les Alpes . Un nommé Thomas Bègue avoua avoir invoqué le démon Mermet en l'appelant par trois fois Diable Mermet . Le démon apparût devant lui sous la forme d'un chat noir , puis sous celle d'un vieillard aux pieds fourchus vêtu de noir . La prédominance des femmes dans l'histoire de la sorcellerie est probablement due à leur position sociale . Le sexe faible a été longtemps considéré comme inférieur , plus enclin à la folie et au péché que le sexe fort . Au XVI°siècle , on croyait que la femme était plus vulnérable à la tentation de Satan , le diable , personnification mâle du péché , préférait des partenaires de l'autre sexe . En tout cas , les femmes étaient moins à même d'assurer leur défense contre des accusations portées par une église et une inquisition entièrement dominée par les hommes . malgré cela , il y a dans le passé de très nombreux sorciers , tout comme il y a aujourd'hui de nombreux médiums hommes .

Les manches à balai , les randonnées nocturnes , les festins de chai d'enfants et l'adoration de Satan , tous ces détails sont apparus à l'époque des grands procès de sorcellerie . Dés lors , l'archétype de la sorcière était défini , grâce à l'apport de diverses sources folkloriques , des premiers jugements d'hérétiques et de l'esprit inventif des juges . Au début de l'ère chrétienne , les croyances étaient plus floues ; la distinction n'était pas encore faite entre les magiciens qui utilisaient leurs pouvoirs magiques à des fins personnelles et les sorciers qui se consacraient au service de Lucifer , et de lui seul . Les uns et les autres étaient considérés comme des émissaires du Diable , et la confusion persista plusieurs siècles . La plupart de ces croyances étaient liées à l'existence de dieu , Satan , accompagné de ses légions d'anges déchus . A l'aube de la chrétienté , Satan et ses démons s'identifiaient avec les dieux païens . la biographie de saint martin de Tours ( III°siècle ) relate que quand Martin exorcisait les démons , l'un disait s'appeler Jupiter , un autre Mercure ..." , ce qui revenait à dire qu'adorer les anciens dieux grecs et romains , c'était adorer le diable .

Saint augustin , le maître à penser des premiers théologiens , condamnait formellement les amulettes , les horoscopes et les guérisseurs qui se servaient de charmes . Tout cela relevait du démon selon lui . Tout naturellement , les premières autorités de la chrétienté sévirent contre de telles pratiques . Les empereurs convertis qui régnaient sur les vestiges de l'empire romain prirent des ordonnances comme celle de Théodose qui , en 381 , défendit les rassemblements et les sacrifices magiques dans les temples dans anciens dieux . Ces lois témoignent de la confusion qui régna entre la sorcellerie et les survivances des cultes gréco-romains . En Angleterre, en 690 , l'archevêque de Canterbury , Théodore , prononça des édits interdisant de faire des sacrifices aux démons et de jeter des sorts . Un peu partout dans les jeunes royautés d'Europe , des lois analogues furent édictées à l'encontre de la sorcellerie .

Les punitions étaient quelques fois sévères . Lorsque Frédégonde , reine des francs , perdit ses deux fils de la dysenterie en l'an 580 , elle se persuada que son beau fils Clovis avait demandé à la mère de sa maîtresse de jeter un sort diabolique sur les deux jeunes princes . Frédégonde fit mettre la femme à la torture jusqu'à ce qu'elle avoue . Puis Clovis fut poignardé à mort ; la femme fut attachée au poteau et brûlée vive . Il est possible que le rang royal des enfants explique en partie la sauvagerie du châtiment . De façon plus générale , au VI°siècle , en France - comme dans d'autres parties de l'Europe - une sorcière qui avait jeté un sort mortel était condamné à une simple amende . Mais si l'amende n'était pas payée , la sorcière pouvait se retrouver sur le bûcher .

Dans sa lutte contre les survivances du paganisme , l'église tenta de discréditer certaines idées populaires sur les pouvoirs des sorciers . Saint boniface , moine anglais du VII° siècle , en mission en Allemagne , professait qu'il était faux qu'un être humain puisse se transformer en loup comme les sorciers le prétendaient . Un siècle plus tard , saint Agobard , évêque de Lyon , déniait aux sorciers le pouvoir de faire surgir la tempête et de détruire les récoltes , tout comme celui de dévorer les gens de l'intérieur ou de els tuer en leur jetant le mauvais oeil . Plus importante encore pour les années à venir fut la rédaction au X°siècle d'un texte du droit canon relatif à la croyance très répandue selon laquelle certaines femmes - une multitude innombrable - avaient l'habitude de chevaucher des animaux au plus profond de la nuit et de voyager sur de grandes étendues avant le lever du jour . Aux termes de ce texte , toute personne qui croirait à des chevauchées nocturnes était sans le moindre doute infidèle et païenne . A peine quelques générations plus tard , une personne qui n'aurait pas cru aux sorcières et à leurs vols de nuit risquait d'être accusée d'hérésie par l'église , et de périr sur le bûcher .

Quelles sont les raisons de ce changement d'attitude ? D'abord la menace de l'hérésie , qui minait la toute puissance de l'église dans la société contemporaine . Ensuite , sans doute le fait que l'église avait procédé à un examen plus attentif du concept de la magie , particulièrement dans la forme pratiquée par les éléments les plus riches et les plus cultivés de la société . On en trouvait des adeptes jusqu'à la cour du pape . A peine le français Jean XXII fut il élu par le conclave de 1317 qu'il fit arrêter l'évêque de Cahors , de plusieurs années son aîné , et le fit passer en jugement pour avoir tenté de le supprimer par des moyens magiques . Sous la torture , le prélat confessa son crime . Et bien que ce genre de confession n'ait guère de sens , il fut flagellé , brûlé sur le bûcher , et ces cendres dispersées dans le Rhône . Parmi les magiciens de l'époque , peu nombreux étaient les adorateurs de Satan . Ils cherchaient à acquérir la sagesse , la richesse ou la puissance , et croyaient pouvoir commander aux démons de les servir en invoquant le nom et la puissance de dieu . Ils se considéraient en général comme de bons chrétiens . Mais , peu à peu , les autorités ecclésiastiques en arrivèrent à la conclusion que les phénomènes magiques ainsi accomplis ne pouvaient l'être qu'avec la permission de Satan . Ceux qui les pratiquaient étaient liés d'une façon ou d'une autre au démon , et étaient donc des ennemis de dieu et de son église . On en arriva ainsi à considérer comme hérétique la pratique de la magie et de la sorcellerie , et à rendre justiciable de la même brutalité dans les investigations et dans le châtiment .

 

 

L'hérésie peut se définir comme une erreur dogmatique dans laquelle on persiste , face à la vérité définie par l'église . Au XIII°siècle , l'inquisition fut créée spécialement pour combattre les hérésies . Pour lui échapper , les hérétiques de l'époque , et notamment les albigeois et les vaudois - dont aucun n'avait la moindre affinité avec la sorcellerie - durent se réfugier dans les vallées pyrénéennes et alpestres .Pendant les deux siècles qui suivirent , l'inquisition consacra tous ses efforts à les en extirper pour les exterminer . Puis en 1484 , ce la bulle du pape Innocent VIII , qui définit la sorcellerie comme hérétique de façon claire et sans équivoque , sous tous ses aspects et dans toutes ses pratiques . les inquisiteurs redescendirent des hautes vallées , enrichis de deux siècles d'expérience , pour pratiquer leur art dans l'ensemble de l'Europe . la grande chasse aux sorcières commençait .

A l'époque , le critère de culpabilité était le pacte avec le diable , stigmate de la sorcellerie comme de l'hérésie . L'instrument principal de cette alliance était , selon l'inquisition , une alliance consciente et volontaire avec Satan , grâce à laquelle l'être humain pouvait acquérir des pouvoirs magiques . Selon la légende , le contrat signé avec le diable prévoyait qu'en échange de son âme l'individu recevait richesse et pouvoir . Et pourtant les sorciers n'étaient pas des clients de Satan , mais ses serviteurs . Ils se consacraient à lui corps et âme , avant et après leur mort . Ces pactes prenaient plus probablement la forme d'une intronisation dans quelque société secrète et maléfique .

Le novice est emmené au sabbat et présenté au diable qui est censé présider la cérémonie . Les rites varient selon les endroits , mais comportent toujours un aspect sacrilège et obscène . Parmi les schémas les plus simples , citons la déposition d'une jeune française lors de son jugement en l'an 1594 . Son amoureux , sorcier lui même , la présenta au diable . On lui demanda simplement de faire le signe de croix avec la main gauche . cela l'autorisa à participer à l'orgie diabolique qui suivit l'initiation . Un rituel plus complexe nous a été décrit par le démonologue italien du XVII° siècle Francesco Maria Guazzo qui énumère 11 stades successifs .

1. Une abjuration de la foi chrétienne
2. Un nouveau baptême au nom du diable , au cours duquel le novice reçoit un nouveau prénom à la place de son nom de baptême

3. Le saint chrème reçu lors du baptême chrétien est symboliquement effacé par la touche du diable .

4. La répudiation des anciens parrain et marraine et la désignation de leurs successeurs .

 

 

5. Le don au diable d'un morceau d'étoffe en signe de soumission

6.Un serment d'allégeance à Satan , prononcé au milieu d'un cercle magique

7.L'inscription du nom de l'initié dans le grand livre des damnés

8. La promesse de sacrifices d'enfants en l'honneur du diable

9. La promesse offrir au démon un tribut annuel de dons de couleur noire

10.Le marquage de l'initié avec le sceau de Satan sur une partie de l'épiderme qui devient étrangement insensible .

11. Des voeux assez divers de dévotion particulière au démon , la destruction des reliques par exemple , et , la promesse de respecter les secrets du sabbat .

 

 

Le sexe joue un rôle essentiel dans tout cérémonial de sorcellerie . les procès ont établi que la sorcière recevait périodiquement les attentions de son maître satanique en une sorte de réaffirmation de son attachement . Mais il est précisé que ces attentions ne procuraient aucun plaisir à la sorcière et que , au contraire , elles étaient extrêmement pénibles , le contact de Satan était d'un froid glacial . L'accent mis sur cette absence de jouissance avait peut être pour but , dans l'esprit du tribunal , de persuader la population que le culte de Satan n'était pas une source de plaisirs charnels .

Le diable était aussi supposé donner aux sorciers et sorcières le pouvoir d'entretenir des rapports sexuels avec les démons . A une sorcière , il envoyait un démon même appelé incube , à un sorcier un démon femelle appelé succube . des sorcières ont avoué avoir été visitées régulièrement par leurs amants diaboliques pendant des années . On supposait aussi que le même démon pouvait apparaître indifféremment sous les traits d'un incube ou d'un succube . Ces êtres diaboliques étaient , capables de venir visiter des personnes parfaitement étrangères à la sorcellerie , dans le but de les induire en tentation de la chair et de mettre leur âme sur le grand livre des damnés . On pensait aussi que le nombre des incubes était neuf fois plus grand que celui des succubes , probablement parce que la chasteté avait plus d'importance chez la femme , ou parce que celle ci était considérée comme plus licencieuse que l'homme . Une distinction était généralement faite entre la catégorie des sorcières , partenaires consentantes des démons , et celles des innocentes , qui tentaient de résister et se faisaient violer .

Mais le viol était difficile à prouver , et les prétendues victimes étaient souvent punies , quelle qu'ait pu être leur réaction , surtout face à un incube . Les incubes et les succubes ont pris corps dans l'imagination des juges et de leurs victimes . le sexe a toujours été une obsession pour l'homme , particulièrement à une époque de contraintes comme le moyen age . Les chasseurs de sorcières attachaient à cet aspect de la sorcellerie une importance majeure , et semblent s'être laissé obséder à leur tour par les moindres détails de ces pratiques .

L'autre méthode de prise de contrôle de l'être humain par le démon s'appelle possession . Le diable , ou l'un de ses acolytes , pénètre le corps d'une personne sans en déranger l'esprit , mais la contraint de parler et d'agir selon sa volonté . La victime est rarement tenue pour responsable des actes commis en état de possession , pas plus que dans les cas - moins fréquents - d'obsession , dans lesquels le diable et ses acolytes harcèlent littéralement un être humain , mais sans pénétrer à l'intérieur de son corps . Exemple célèbre , celui de saint antoine qui , dans le désert , dut subir des tentations aussi terrifiantes que subtiles .

Les gens vertueux étaient considérés comme à l'abri de la possession , sauf cas de sorcellerie . Un sort jeté par une sorcière pouvait , frayer le chemin à un démon qui , à son tour , entraînerait la victime aux actes et aux discours les plus blasphématoires et les plus obscènes . C'était du moins la théorie avancée pour expliquer la violence des cas de possession qui se manifestaient dans des couvents et des monastères dont les habitants menaient en principe une vie irréprochable .

La prise de possession par le démon se traduisait par un changement complet d'attitude . Le visage et le corps de la victime se contractaient . L'expression du regard devenait diabolique .
La voix grossière, même chez les jeunes filles . De cette voix extravagante , la victime proférait des blasphèmes dans le langage le plus ordurier ; elle bredouillait des phrases incompréhensibles , l'écume à la bouche . D'autres phénomènes extranaturels ont été rapportés , comme le vomissement de grandes quantités d'objets insolites : aiguilles et épingles , débris de verre ou de poteries , cheveux , écorces ou pierres . Les victimes poussaient parfois des cris d'animaux et accomplissaient des prodiges physiques surhumains .

Tous les signes décrits ci dessus ont été identifiés par la suite comme symptômes de crise d'hystérie , y compris le besoin irrésistible d'avaler des cailloux , pour le vomir ensuite . Dans de nombreuses sectes du monde , les incantations hypnotiques et les psalmodies ont pour effet de plonger certains individus dans les convulsions d'une extase hystérique . Rien d'étonnant donc à ce que els cas de possession hystérique aient été très courants au Moyen Age , époque où le prêche revenait constamment sur la rigueur du tout puissant , la certitude de l'enfer et la constance de la présence du démon aux côtés de tout homme .
La persécution des sorciers fut elle même un phénomène d'hystérie collective auquel personne n'échappa n ni les juges , ni les témoins , ni les victimes .

Mais , même ainsi , l'hystérie ne saurait être tenue pour seule responsable de la fréquence des cas de possession . La fraude était fréquemment découverte , et probablement tout aussi souvent couronné de succès . Une personne se prétendait possédée du démon si elle se sentait menacée d'être accusée de sorcellerie , tout le côté étrange de son comportement ne pouvant dés lors plus lui être reproché , puisque c'était l'oeuvre de Satan . On simulait aussi la possession pour faire accuser de sorcellerie un ennemi , ou simplement pour se faire remarquer .

En ce qui concerne les cas d'où la fraude était absente , certaines autorités , religieuses notamment , rejettent encore aujourd’hui l'explication de la crise d'hystérie et persistent à tenir le diable et les siens pour responsables . Ils font observer qu'il se produit toujours de nombreux cas de possession , que l'église traite exactement comme autrefois , par l'exorcisme . Certains contestent cet argument : selon eux , l'exorcisme , quand il réussit , n'est après tout qu'une forme de psychanalyse ou de psychothérapie , et chez certains sujets l'exorcisme religieux semble bien être la méthode la plus efficace pour guérir les troubles mentaux . Des enregistrements de dialogues entre psychiatres et schizophrènes , par exemple , montrent une grande analogie avec ceux qui se déroulent entre exorciste et possédé . Cette dernière thèse est simple : ce que le Moyen Age a appelé possession existe toujours ; seulement nous l'appelons aujourd'hui hystérie ou schizophrénie .

Les sorciers étaient considérés comme des suppôts du diable dans les cas de possession , leurs multiples autres pouvoirs magiques étaient censés être employés pour le malheur des hommes , le blasphème de dieu et le culte de Satan . La sorcière pouvait provoquer la maladie , la folie , l'accident ou la mort . Elle brisait les mariages , provoquait la stérilité et les fausses couches chez les femmes , et rendait les hommes stériles ou impuissants . On l'accusait aussi volontiers des malheurs survenus aux personnes et aux biens , des blessures ou de la mort du bétail , de la perte des récoltes et de l'apparition de tempêtes de pluie ou de grêle . Pour les susciter , il suffisait à la sorcière de remuer ou de faire éclabousser de l'eau , celle d'un étang ou d'une simple mare , voire d'agiter son urine avec le doigt .

Les sorciers étaient accusés de la mort des enfants , car la chair d'un enfant possédait , un pouvoir surnaturel . Elle constituait un ingrédient essentiel de la graisse du diable , l'onguent qui permettait aux sorcières de voler . Avec ou sans l'aide d'un manche à balai , elles ne pouvaient quitter le sol sans s'être induites de cet onguent magique . Les chasseurs de sorcières sont restés évasifs quant à la composition exacte de cette mixture , supposée contenir des poisons étranges comme du venin de crapaud , de lézard ou d'araignée , ainsi que des herbes vénéneuses .
La couleur finale de l'onguent était soir noire , soit d'un vert repoussant . Ce produit pouvait aussi permettre à la sorcière de se changer en animal , bon moyen d'éviter d'être reconnue pour perpétrer ses forfaits .

Le médecin hollandais Johan Weyer , l'un des seuls à s'être opposés avec lucidité à la chasse aux sorcières du XVI°siècle , a cité plusieurs formules pour cet onguent magique . A la base , du sang de chauve souris , de la graisse de bébé et de la suie , puis de l'aconit , de la belladone , et parfois de l'opium et du haschisch . La drogue créant des hallucinations , Weyer pensait déjà , que les sorcières s'imaginaient avoir réellement volé et pris part au sabbat . Il se trouva même quelques chasseurs bien connus pour se ranger à cette thèse - mais à leur avis le rêve était aussi coupable que l&a réalité . Un frère dominicain de l'inquisition , Johannes Nider , a relaté qu'une paysanne proposa à un inquisiteur de lui montrer qu'elle pouvait voler . Elle s'installa dans une corbeille , oignit son corps avec un onguent et tomba dans une léthargie profonde . Lorsqu'elle s'éveilla , elle assura les spectateurs qu'elle avait fait un voyage dans les airs . Rien ne put la convaincre qu'elle n'avait pas quitté la corbeille . L'aconit provoque une violente excitation et la belladone le délire . Leur frottement contre la peau produit , d'après les experts , les mêmes effets que l'ingestion . Norman Cohn , un professeur britanniques , a écrit une étude des événements qui ont amené la grande chasse aux sorcières . Cohn a intitulé son étude L'Europe et ses démons . A propos de ces substances , il écrit que quelques esprits aventureux , en Allemagne notamment , les ont récemment expérimentées sur eux mêmes ... et ont éprouvé très rapidement une bonne part de ce que les sorcières prétendaient avoir ressenti .

Bien entendu , la plupart des ennemis des sorcières ne se seraient pas contentés de ces explications , ou les aurait tout bonnement portées au crédit du diable . Certains rejetaient la théorie de l'onguent magique , et soutenaient celle que seul le démon était maître de la pesanteur . Cette fonction était souvent attribuée au démon personnel de la sorcière , son familier . Es qualités , ce démon était capable de pénétrer ses propres maléfices , mais sa mission principale semblait bien consister à renforcer et à focaliser les pouvoirs de son maître .

La plupart des sorciers avaient un seul familier , un chien , un chat , un lapin , ou plus rarement une créature d'une autre espèce , un insecte par exemple ou un crapaud . Ces histoires de familiers étaient particulièrement répandues en Grande Bretagne , terre des amis des bêtes par tradition . Il est improbable que beaucoup d'animaux déplaisants aient reçu une large hospitalité dans l'Angleterre du XVI° siècle , mais de pauvres vieilles femmes y étaient bien capable de faire partager leurs taudis à des araignées , des scarabées ou des crapauds . Selon les contes de l'époque , les familiers étaient récompensés de leur travail par de la nourriture , des friandises parfois , le plus souvent avec du sang sucé à même le corps de la sorcière . L'endroit du corps où se nourrissait le familier se nommait marque de la sorcière . La présence simultanée de cette marque et d'un animal , même tout petit , était alors considérée comme une preuve irréfutable de sorcellerie .

Lorsqu'une sorcière mariée se rendait au sabbat , que ce fût sur le dos de son familier , sur un pieu fourchu , une pelle , un manche à balai ou toute seule , elle commençait à mettre dans son lit un bâton qui , prenait la forme de son corps , pour leurrer son mari qui la croyait à côté d'elle . Cela fait , elle s'échappait par le trou de la serrure ou par la cheminée .

Sur tous les articles publiés , les informations proviennent de procès verbaux d'aveux le plus souvent extorqués sous la torture . Tous les détails sur les familiers , les sabbats et le reste ne reflètent donc pas la vérité sur la sorcellerie , mais ce que les gens en disaient . Inquisiteurs et chasseurs de sorcières avaient la conviction profonde que certaines horreurs blasphématoires étaient inhérentes à la sorcellerie .  Tout accusé était en conséquence torturé jusqu'à ce qu'il en ai fait l'aveu . il leur arrivait rarement de penser que l'accusé put être innocent , et jamais que leurs propres convictions pussent être fausses .

Un procès de sorcellerie eût été incomplet sans un compte rendu détaillé des rites lascifs du sabbat . Le mot provient du sabbat des juifs , qui avant les sorciers , représentèrent pour les chrétiens le principal ennemi . Le premier terme employé pour désigner une assemblée de sorcières a été synagogal . Les sabbats se tenaient un jour quelconque de la semaine , avec une préférence apparente pour le jeudi et le vendredi . Il y avait le sabbat local où se réunissait une petite assemblée de sorcières du cru , et des sabbats plus importants , auxquels participaient les sorciers de toute une vaste région . Ces grands sabbats avaient lieu , la nuit de certaines fêtes saisonnières , la chandeleur , la saint jean , le 1er août , fête de saint pierre aux liens (en Ecosse ) , et le 21 septembre pour l'équinoxe et la saint thomas . En dehors de ces fêtes saisonnières , deux dates principales figuraient au calendrier de la sorcellerie : le 30 avril et le 31 octobre , Halloween chez les anglo-saxons . La nuit du 30 avril était celle du grand sabbat , la Walpurgisnacht ou nuit de Walpurgis , ainsi nommée car elle précédait la fête de saint Walburge , la religieuse qui avait accompagné saint boniface dans sa mission d'évangélisation de l'Allemagne où elle mourut en 779 .

Les petits sabbats se tenaient en quelques endroits désolé , comme au pied d'un gibet ou dans une clairière . Mais pour les grands sabbats , les sorcières s'envolaient à destination d'une montagne lointaine comme le Brocken dans le massif du Hartz en Allemagne , le sommet du Puy de dome en Auvergne , ou encore une exquise et vaste prairie du nom de Kulla en Suède .

Le nombre de participants au sabbat était variable : certains parlent de moins de 10 sorcières pour un sabbat villageois , d'autres citent des chiffres énormes . Selon les aveux d'une sorcière , une congrégation voisine de Ferrare comptait plus de 6000 adeptes au XVI°siècle . Au XVII°siècle , le démonologue français Pierre de Lancre parlait de sabbats ayant rassemblé quelque 100 000 adorateurs de Satan .
Ces chiffres nous amènent à la notion de cénacle , selon le terme vulgarisé par Margaret Murray voici une cinquantaine d'années . Elle soutenait que les sorciers et sorcières étaient toujours groupés par 12 , sous la conduite d'un démon ou d'un homme déguisé en démon . Le plagiat du christ et de ses disciples apparaît évident .

Il existe des cénacles au XX° siècle ou plus exactement des sorciers qui se regroupent au nombre de 13 . S'ils désirent que leur groupe porte ce nom , libre à eux . Mais en dépit des affirmations de Margaret Murray , il est très important que les cénacles aient proliféré à l'époque de la grande chasse aux sorcières . Elle admet elle même n'avoir connaissance que d'un seul procès au cours duquel le chiffre 13 ait été spécialement mentionné , et ce procès eut lieu en 1662 , pratiquement à la fin des persécutions .  Pour le reste , son raisonnement est fondé sur 18 procès en tout , au cours desquels des accusés atteignait le chiffre 13 . Mais l'écrivain britannique Alex Keiller et quelques autres ont vérifié ses sources et découvert quelques erreurs d'addition. Son compatriote G.L Kittredge déclare sans hésiter qu'il n'y a pas la moindre forme d'organisation , à 13 ou autrement .

L'imagination des chasseurs de sorcières était obsédée par la vision de ses assemblées de corps dénudés , luisants de leur onguent magique sous la lumière du feu ou des chandelles noires que les sorcières tenaient à la main .

Satan était censé présider en personne les sabbats les plus importants . En de moindres occasions , il se faisait représenter par un démon de grade subalterne , ou même par un sorcier portant son masque et agissant comme son adjoint . Il apparaissait sous les traits d'un gigantesque barbu , d'un bouc noir aux cornes luminescentes , ou encore d'un crapaud énorme . Il siégeait sur un trône en ébène ou se tenait sur l'autel autour duquel les sorcières étaient assemblées .

En général , le diable ouvrait la cérémonie par un appel nominatif . Tout apprenti sorcier présent était alors initié sur le champ . Les absents et les délinquants , ceux dont les malédictions s'étaient montrées insuffisantes , étaient frappés d'un châtiment , les verges en général . Ensuite , toute la compagnie s'alignait pour rendre hommage au diable et lui offrir des présents , des gâteaux , des chandelles ou des oiseaux de couleur noire . C'était ensuite , signe de l'ultime humiliation , le baiser d'infamie , osculum infame , apposé sur le postérieur du démon . Cet hommage rendu , les sorciers et sorcières participaient à un banquet où tous se gorgeaient gloutonnement . A ce propos , les autorités ecclésiastiques prenaient grand soin d'éviter de laisser croire que de tels festins diaboliques puissent être source de plaisir . La nourriture en était toujours décrite comme froide et dégoûtante , la viande comme pourriture , et le vin comme du purin . Plus les sorcières mangeaient et plus elles avaient faim . Le sel , ingrédient essentiel de la magie blanche , manquait invariablement .

Le festin achevé , la danse commençait . Elle constituait le moment fort du sabbat et le conduisait à son paroxysme . En général , les sorcières se livraient à des danse en cercle , autour d'un objet central , le diable en personne , quelques symboles phalliques ou un arbre de mai . Elles dansaient dans un état de frénésie , toujours dans le sens contraire à celui des aiguilles d'une montre . On peut penser que le mot valse est issu de volta , la danse des sorcières .

Le sabbat s'achevait sur une orgie sexuelle . le diable copulait avec tout homme , femme , enfant de l'assistance .Ensuite , sorciers et sorcières se livraient les uns aux autres sans discrimination de sexe . Des traités de démonologie comme des témoignages recueillis lors des procès de sorcellerie , il ressort qu'aucune forme d'acte sexuel n'était exclue lors des sabbats : ni l'inceste , ni la sodomie ni la bestialité .

Le chant du coq marquait la fin du sabbat , et ses participants rentraient à la maison jusqu'à la prochaine fois , ou jusqu'à leur arrestation , leur interrogatoire , leur torture et leur fin sur le bûcher .

 

 

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Publié dans MALEFICES DE SALEM

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A
je crois plutôt quelle est un peu givrée!! en tant que servant à la messe ceci m'ofance
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U
un jour, mecreants que vous etes, et serviteur d 'Iblis, reviendrez demander le pardon au tout puissant Allah.<br />  
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