INDUSTRIAL - INDUSTRIAL METAL - ELECTRO INDUS METAL
INDUSTRIAL , INDUSTRIAL METAL , ELECTRO INDUSTRIAL METAL 
On reconnaît habituellement que la musique industrielle en tant que genre musical naûit en 1977 sous l’influence d’un petit groupe d’artistes plasticiens londoniens , improvisés musiciens , sous le nom de THROBBING GRISTLE . Ils sont alors fortement impressionnées par le groupe allemand KRAFTWERK et l’album « Metal machine music » de LOU REED . Les premiers inaugurent le concept d’industrielle volksmusik (musique populaire industrielle ) dont l’objet vise à refléter avec une froideur objective le monde sidérurgique de
« La plupart des groupes cherchent à divertir les gens .Or ce n’était pas notre but à Marty et à moi . C’était même l’inverse .Les gens devaient venir de la rue ett découvrir quelque chose d’encore pire que la rue . Ca les a vraiment désemparés . On les a pas divertis , on leur a servi une tranche de vie . »
Pour Genesis P. Orridge , leader de THROBBING GRISTLE et premier théoricien de la musique industrielle , les pratiquants de cette musique sont des « journalistes objectifs ; leur musique est l’exact reflet d’un monde en déclin dominé par la violence , la technologie et l’industrie .Les concerts de THROBBING GRISTLE plongent le spectateur dans un chaos sonore qui se veut une exacerbation réaliste du monde contemporain . » Du point de vue musical , leur démarche consiste en un fatras de bourdonnements synthétiques , bandes enregistrées et sons aléatoires . Le sentiment d’oppression est renforcé par des paroles macabres que P. Orridge débit d’un ton volontairement monocorde .
C’est dans ce climat que naissent , au cours des années 80 , des formations comme les SWANS (USA) ,FŒTUS (Australie) ou les YOUNG GODS (Suisse) , dont l’influence est particulièrement déterminante pour les groupes de metal industriel qui vont suivre . Si l’approche de la musique industrielle se veut à la fois iconoclaste par le discours et par ses expérimentations musicales avant-gardistes , le groupe EINSTURZENDE NEUBATEN prouve qu’elle peut l’être également par l’utilisation d’instruments non conventionnels (plaque de métal , marteau-piqueur , bétonneuse ,etc) .Pourtant , le versant industriel de la musique metal s’appuie sur un format instrumental plus traditionnel . Des murs de guitare se mêlent à des machines (boîtes à rythmes ,samplers et synthétiseurs ) produisant des sons industriels ou des bruitages urbains dont la charge de violence est au moins équivalente à la dose d’angoisse qu’elle génère . Les voix sont distordues par nombre d’effets .Ce qui au final en fait une musqiue sérieuse dont les rythmes martiaux et répétitifs sont totalement dépourvus de finesse et de légèreté .
Avec son troisième album The land of rape and honey , aux rythmes métronomiques glacés , dégagés de toute velléité mélodique , le groupe américain MINISTRY pose les bases du metal industriel : amplification hyperréaliste des excès d’une société en voie de déliquescence .Le genre se propage rapidement en Angleterre avec des groupes comme GOLDFLESH ,PITCH SHIFTER ou SCORN dépouillant le thrash et le detah metal pour n’en garder que le volume et l’épaisseur qu’ils articulent avec le martèlement mécanique d’une boîte à rythmes . Dans le même temps , le groupe parisien TREPONEM PAL se positionne lui aussi comme un modèle du genre , suivi par les toulousains L’AMORT et les marseillais KILL THE THRILL . La première moitié des années 90 est particulièrement féconde pour le metal industriel .L’Autriche produit FETISH 69 , l’Allemagne :SIEWOLF , l’Angleterre : OPTIMUM WOUND PROFILE ,
Dans ce sillage apparaissent deux déclinaisons du métal industriel américain .La première prend une orientation teintée de death et power metal avec FEAR FACTORY . La seconde opte pour une dimension gothique avec MARILYN MANSON . Le projet de ce dernier vise à incarner les pires cauchemars de l’american way of life en l’interrogeant de manière provocante sur ses multiples dérives ( tueurs en série , violence sous toutes ses formes , mutilations , pornographie ,etc) sournoisement contenues sous une chape de moralisme puritain . La musique industrielle cherche à proposer une réflexion sur la société à travers un effort conjoint axé d’une part ,sur les thèmes développés dans les textes et d’autre part , sur les sonorités qu’elle utilise . Ce genre musical et ses avatars ont donc pour ambition d’être un acte de résistance contre l’aliénation des masses , le dogmatisme religieux et politique , le conformisme , sur le mode de la provocation .
Aujourd’hui le metal industriel continue d’être pratiqué à l’instar de groupes tels que FILTER , OOMPH ! , PUNISH YOURSELF . S’il propose une démarche artistique s’adressant à l’intellect – chose relativement rare dans le monde des musiques actuelles pour être souligné – le metal industriel cherche également à éveiller les corps en insufflant à sa musique une dimension dance f loor , notamment au travers des remix de certains de leurs titres ( PITCH SHIFTER , FEAR FACTORY ) ou des reprises de succès commerciaux ( « Lay lady lay » de Bob Dylan par MINISTRY ou encore « Sweet dreams » par MARILYN MANSON , « Radioactivity » par TREPONEM PAL ) Mais cette dimension dansante se décline aussi par la fusion d’une musique électronique et techno avec le metal industriel (techno-electro industrial metal ,quelque fois appelé cyber metal ) dont les allemands KMFDM sont probablement les précurseurs , suivis par leur compatriotes DIE KRUPPS , IN EXTREMO et RAMMSTEIN , les anglais CUBANATE , l’américain ROB ZOMBIE , les canadiens FRONT LINE ASSEMBLY, les anglo-néerlandais NERVE , les suédois PAIN , les français NO PLACE FOR SOUL ou encore les norvégiens THE KOVENANT dont la démarche les éloigne du black metal qu’ils pratiquaient initialement .
Source : Hard rock ,Heavy metal , metal ; Histoires , cultures et pratiquants de Fabien Hein